Série de science-fiction, horreur de l’été 2006 – 24 Episodes

Produit par le quasi inconnu studio Bee Media, Night Head Genesis avait attiré mon attention grâce à son excellent trailer il y a quelques semaines. Adapté d’un drama Japonais des années 90 de Joji Ida (Tokyo Babyon le film live –dont je n’avais aucune idée de l’existence d’ailleurs…-), par le réalisateur de Beyblade (ce n’est pas une blague), je peux vous assurer que l’équipe technique a largement de quoi faire sourire par son manque de crédibilité. Alors Night Head Genesis bonne surprise ou grosse blague ?
Naoto et Noaya sont deux frères dotés de pouvoirs psychiques dès leur naissance et que les parents ont confiés à un laboratoire très jeunes vue la difficulté de les élever. Ils vont découvrir dans ce laboratoire des installations tout ce qu’il y a de plus étranges ainsi qu’un personnel dévoué à leur étude et à leur bien-être, mais aussi un champ électromagnétique dans la forêt à proximité du labo les empêchant de s’enfuir. Les deux enfants vivront donc captifs. Arrivés à l’âge adulte, lors d’une nouvelle tentative d’évasion, les deux frères découvrent que le champ magnétique n’existe plus…
Tout d’abord, le style graphique se veut résolument réaliste et mystérieux, ce qui est le cas je dois dire, avec des décors fins et bien choisis. La gestion de l’ombre et de la lumière est aussi très bonne dans l’ensemble, surtout la scène dans la forêt. Par contre, j’ai un doute quant à la nécessité de placer une voiture en images de synthèses à la fin du premier épisode, surtout lorsque celle-ci est horriblement mal intégrée dans le décor… Niveau technique, les visages se déforment dès qu’ils commencent à bouger, la démarche des personnages est saccadée, et on en vient à voir des plans fixes (inter)minables pour compenser sa faiblesse. Le tout est très peu fluide et mal animé au possible. Une honte pour un animé sorti en 2006…
Le design des personnages a été confié à You Higuri, bien connu dans le milieu du Shonen Ai/Yaoi (l’amour entre hommes ya que ça de vrai !), et je dois dire que je ne suis pas un inconditionnel de son style. Espérons juste que par la suite les deux frères ne deviennent pas plus proches qu’ils ne le sont déjà ! Les plans, de leur côté, sont plutôt bien sentis, un poil au dessus de Beyblade j’oserai dire (pardon c’était plus fort que moi) et collent bien avec le style de l’animé, et quelques effets sont prometteurs. Rien de transcendent.
Et puis la bande son est parfois angoissante, parfois douce, et souvent interprétée avec une touche traditionnelle Nipponne, et elle souligne à la perfection l’atmosphère pesante et étrange de la série. D’ailleurs, le gros point fort de ce Night Head Genesis est sans doute l’ambiance justement. Mais venons-en au générique d’introduction, qui est doux et bien emmené malgré la désagréable phrase répétée à tous les épisodes et expliquant le titre. Cela contraste avec le classique et moyen générique de fin qui tente de nous asséner une symbolique de la liberté un peu lourde. En fait, tout est question de mise en scène, si la thématique avait été suggérée ou présentée de façon peu commune, d’accord, mais ici on a quand même sorti les oiseaux qui volent au dessus des héros sur un pauvre dessin… Un comble...
Avec un arrière-goût d’Akira pour le coté télékinésie, de Witch Hunter Robin aussi pour l’ambiance et surtout de séries Américaines (Charmed et bien d’autres, ce qui n’est pas vraiment pour me plaire), NHG est censé s’adresser à un public large et international, c’est peut-être pourquoi il perd de sa substance passée la surprise des premières minutes et passées les interrogations initiales, à cause d’un classicisme et d’un manque d’originalité flagrants. A partir de l’énorme ellipse (quoique quinze ans ce n’est pas tant que ça en fait !) au beau milieu du premier épisode, qui voit les héros passer à l’âge adulte, j’ai l’impression que les auteurs se sont crus en sécurité et ont pensé avoir posé avec succès les bases de la série. Grave erreur.
En effet, le déroulement des épisodes après cela est très lent et sans réel but pour le moment, on se demande encore où les auteurs veulent nous emmener au bout de trois épisodes. Avec un peu plus de maîtrise, on aurait d’ailleurs pu condenser les trois en un seul épisode tant il ne se passe rien scénaristiquement parlant et on perd par exemple un épisode entier dans un bar miteux pour nous montrer une pauvre scène pseudo psychologique (de comptoir !) et une confrontation prévisible à des années lumières. Le scénario me semble très approximatif et pas trop fini, et je doute que cela s’améliore avec les épisodes.
Les personnages sont très stéréotypés et les deux frères sont ennuyeux au possible avec leur caractère monolithique et d’une platitude effrayante : le grand frère est protecteur et facilement irritable mais possède un pouvoir gigantesque de télékinésie et devient donc dangereux lorsqu’il s’énerve, et son petit frère est pleutre et pleurnichard comme pas deux et possède le don de voyance, ce qui le rend très réceptif à la détresse des gens (oui ça fait très Charmed vu sous cet angle…). C’est pourquoi les émotions virent rapidement au lacrymal et au pathétique sans grande envergure, et on n’échappe pas à la niaiserie guimauve par moments. Le seul personnage qui sort du lot est finalement cette jeune fille qui développe des pouvoirs similaires aux deux frères et qui apparaît mystérieusement à de rares occasions à l’écran.
Les thèmes abordés comme la fraternité, l’acceptation de la différence (avec les supers pouvoirs) et la conquête de la liberté semblent tout droit sortis de Kurau Phantom Memory, et vous remarquerez les troublantes ressemblances entre les couples Naoya/Naoto et Kurau/Christmas sur la forme. Bien entendu, on est très loin de s’approcher de la qualité et de l’originalité de cette dernière série.
« Gratifiée » d’importants défauts techniques, narratifs et psychologiques, cet animé demeure assez faible à l’intérieur même de son style. Sans grande qualité marquante, à part peut-être une bonne introduction (lorsque les héros sont enfants) et une atmosphère assez atypique, le reste est soit raté, soit déjà vu, c’est pourquoi je vous déconseille fortement de regarder cette nouvelle série. Dernière chose, essayez de regarder Night Head Genesis en journée, car même peu fatigué, j’avoue avoir eu du mal à garder les paupières ouvertes hier soir passé le premier épisode…
Notation : Moyen
Série d’action du premier semestre 2006 – 12 Episodes (Première saison)

Tiré encore et toujours d’un manga, celui-ci de Rei Hiroe (et sorti en France d’ailleurs), Black Lagoon est adapté au format TV par Sunao Katabuchi, le réalisateur et auteur du très reconnu Princesse Arete. Il endosse ici les rôles de scénariste, réalisateur et coordinateur de la série, autant dire presque tous les rôles de production importants. Cette série sera clairement la sienne, et en voyant ce grand nom au générique, j’ai été –étrangement- tout de suite sensibilisé à la cause de du nouveau Madhouse !
La série suit les aventures de la belle mais vénéneuse Revy, surnommée « Two Hands » pour sa capacité à utiliser deux pistolets simultanément, du blondinet Benny, un petit génie de l’informatique, et leur grand et costaud chef à la peau noire, le fin tacticien Dutch, formant tous trois la compagnie « Black Lagoon » (référence au film des années 50 ? je ne crois pas). Lors d’un voyage d’affaires anodin en mer de Chine, un salaryman Japonais de base a la désagréable surprise de voir son bateau piraté par ces cruels mercenaires, qui, attirés par l’argent, vont le prendre en otage en bonus de la disquette qu’il devait délivrer en lieu sûr. Comprenant que son patron l’a envoyé à une mort probable sans aucun remords, et excédé par sa misérable condition d’employé au Pays du Soleil Levant, « Rock » comme on l’appellera désormais décide de quitter définitivement son ancienne vie et de devenir le quatrième membre de
Le générique d’intro met de suite dans l’ambiance, stylé et punchy, avec pas mal d’innovations visuelles et une bonne musique hard chanté par une femme (non ce n’est pas une coïncidence…). J’aime. Le style est donc clairement exposé d’entrée, ce sera un animé d’action avec un soupçon de réflexion. Black Lagoon est même techniquement très beau et bien animé, avec des scènes de combat à l’arme à feu intéressantes (pour une fois). De plus, la réalisation est vraiment bien faite et originale, on n’a pas à se plaindre de la qualité globale de la direction de M.Katabuchi. Et puis le générique de fin est lui aussi très bon, commençant avec une superbe musique atmosphérique et finissant sur un gros accès de fureur du batteur décrivant l’humeur de Revy à l’écran.
Les musiques composées par EDISON sont comme les génériques, tantôt puissamment heavy lors des phases de combats, tantôt lentes et entêtantes comme lors des scènes intermédiaires, mais restent toujours de bonne facture. Cela crée un vrai décalage étant donné la différence de style, ce que j’apprécie beaucoup.
Le scénario est avant tout basé sur les aventures de
Ensuite, la structure de la série est une structure bâtarde entre le « one shot » et la série en « bloc », puisque ce sont des minis histoires qui sont ici présentées, durant chacune approximativement deux ou trois épisodes le temps de bien développer le propos et de résoudre chaque histoire. Je dois avouer trouver des qualités à ce format, mais le problème principal demeure le fond, puisque l’enchaînement de ces histoires ne fait pas avancer le canevas scénaristique de manière flagrante, ce qui est un peu dommage vu la qualité de traitement de la série.
Psychologiquement, l’évolution des personnages est notable, et comme je l’ai marqué plus haut, ils ne sont pas là uniquement pour se battre telles des machines dénuées de conscience, et servent vraiment le scénario. Par contre, sur les quatre héros principaux, il est quand même dommage que seuls deux soient vraiment exploités à leur juste valeur -Revy la femme assoiffée de gunfights et de son style de vie de mercenaire, et Rock l’ancien salaryman encore hésitant et inexpérimenté mais déterminé (c’est celui qui évoluera le plus dans la série bien entendu)- car on aurait gagné à connaître un peu plus Dutch et Benny. Mais tout cela est contrebalancé par une très bonne gestion des personnages secondaires, qui sont bien faits et bien développés dans l’ensemble, et tout en étant chacun assez caractéristiques (sans toutefois sombrer dans le gros cliché, enfin pour la plupart).
On notera aussi qu’une certaine emphase a été mise sur le langage (ce qui est un comble dans un animé d’action !), du langage politicien aux jurons de charretier de Revy, il y a forcément des enseignements à tirer (voir les thèmes de la série plus haut) de toutes ces variations de langue, surtout quand les personnages sont censés parler en Anglais à la base, la série étant située dans une grande métropole du tiers monde (les protagonistes parlent en Japonais dans la série pour des raisons de compréhension du public). Le placement dans un pays du Sud n’est pas fortuit puisque c’est un prétexte à discuter des inégalités dans le monde, mais aussi à relativiser la vie de nos pays riches, et à légitimer en quelque sorte le mode de vie de ces mercenaires. Dans Black Lagoon, c’est clairement la survie qui l’emporte sur la vie.
Non, vraiment, Black Lagoon est une série d’action réussie (malgré son inégalité), belle, violente, avec de très bonnes séquences, originale et surtout emplie de sens et ménageant quelques scènes plus calmes et lyriques, ce qui n’est pas donné à toutes les séries du style ! On finit sur une conclusion ouverte qui laisse le champs libre pour une (attendue) seconde saison, ce qui n’est pas pour me déplaire, surtout que la bataille idéologique entre les guérillas du sud et la super-puissance Américaine semble avoir bel et bien commencé, et les héros étant enfin entrés dans le vif du sujet (et n’oublions pas la mafia/armée Russe qui apportera sûrement son point de vue Communiste au propos !). Bonne série donc et vivement la suite.
Notation : Très Bon
Série de « romance » de l’été 2006 – 13 Episodes

Bokura Ga Ita est la version TV d’un manga de Yuuki Obata, déjà publié en France sous le nom de « C’était nous ». Ce manga shojo a donc donné lieu à une série courte de 13 épisodes diffusée cet été, et réalisée par le très bon Akitaro Daichi (Fruits Basket et Now And Then, Here And There !) sous l’égide du studio Artland. On a, a priori, affaire à un animé de « romance » pur et dur.
L’animé débute de la plus simple des manières, par la rentrée des classes dans un lycée Japonais, rentrée qui est la première à ce stade pour la jeune Nanami Takahashi. Après un concours de circonstances plutôt étrange, elle devient la déléguée de sa classe avec comme vice délégué un certain Yano Motoharu, lui-même plus ou moins responsable de l’incident en question. Celui-ci est le beau gosse de la classe, dont deux tiers des filles sont tombées amoureuses, aussi bel homme que doué en sports et en cours. Passée la première phase où Nanami va lui témoigner une certaine rancune, de nouveaux évènements –à commencer par une sortie à la montagne avec la classe- vont lui faire voir le jeune homme d’une autre façon, jusqu’à ce qu’elle en tombe tout simplement amoureuse (oui c’est rapide mais c’est comme ça !).
Bokura Ga Ita est bien réalisé, les décors sont vraiment très jolis et pastels à
Les musiques de Jun Abe et Seiji Muto (Hoshizora Kiseki et Fruits Basket) sont douces la plupart du temps et adaptées aux situations, mais je dois dire que le thème sur fond de « lalalalala » est très ennuyeux et fait tomber encore plus la série dans la mièvrerie, elle qui n’a pas vraiment besoin de ça (grave erreur !). Dans l’ensemble, la réalisation technique aussi bien que cinématographique ou musicale ne laisse pas à désirer, et c’est sur d’autres points que va porter ma critique.
Bokura Ga Ita se focalise sur la relation entre une héroïne peu sûre d’elle et naïve et un playboy très « cool » au sombre passé comme dans tout shojo qui se respecte. De plus, le playboy en question est un personnage intouchable et différent (comme de coutume encore une fois) tant il est beau et intelligent, mais notre héroïne va tout faire pour le conquérir malgré sa peur. Le problème majeur de la série est, de ce fait, que la psychologie se réduit souvent à sa plus simple expression (Il m’aime ou il m’aime pas ????? Comment vais-je faire pour le séduire ?????), et malheureusement les protagonistes font, du coup, un peu stéréotypés, quand ils ne sont pas simplement grisés et inexistants comme les camarades de classe de Yano et Nanami.
Le scénario est lui, non pas absent comme je le pensais au début, mais incroyablement prévisible et minimaliste (comme l’histoire de l’ancienne petite amie de Yano/sœur de Yamamoto : 5 secondes pour tout comprendre, là ou la révélation est censée représenter l’apogée de l’épisode 10 minutes plus tard…), et est un prétexte à réunir le couple de héros à n’importe quelle occasion. Mais bon, j’imagine que c’est le but d’un animé de romance de toutes façons ! Et puis ce couple n’est pas si mauvais si on y regarde de plus près, et nous livre quelques belles répliques et quelques beaux sentiments finalement. C’est même sûrement la grande force de la série.
Autre problème que j’ai noté, la série est très clairement orientée sur le côté féminin de la relation amoureuse, puisque le point de vue principal est celui de l’héroïne, et on a l’impression de ne rien connaître du héros, et surtout de ne jamais rien voir par ses yeux ni de s’ouvrir à sa psychologie, ce qui contraste avec un Kareshi Kanojo No Jijou par exemple, qui avait trouvé un subtil équilibre entre les deux (aaaaaaah merci Anno-san !). J’en demande peut-être beaucoup, mais d’un côté, c’est le minimum qu’une série romantique puisse nous offrir il me semble. Non ?
Alors qu’aurait-il fallu à ce Bokura Ga Ita, pour qu’il soit un très bon animé de romance ? C’est simple, il lui aurait fallu soit une réalisation extraordinaire (KareKano), soit une grande originalité (Honey & Clover), un aspect psychologique très developpé (KareKano encore) ou un scénario de grande qualité. Malheureusement, il ne semble posséder aucun des quatre après trois épisodes, et je suis catégorique : il ne rentrera sûrement jamais dans les références du style.
Au final, on obtient un animé qui se laisse regarder, agréable, mignon et frais, mais terriblement classique, sans originalité, ni dans le fond, ni dans la forme, une sorte de croisement entre KareKano et Honey And Clover, mais sans être aussi poussé qu’aucun des deux. Il ne sort donc pas du lot, et loin de là, la cause à un manque de personnalité certain (de la série pas des persos). A regarder si vous êtes fans de romance/shojo, dans lequel cas vous vous trouverez devant un bel animé, qui possède probablement une bonne partie des qualités que vous attendez de lui.
Notation : Bon