Samedi 15 juillet 2006

Série d’horreur, science-fiction du second semestre 2005 - 52 Episodes


Blood+, du célèbre Studio Production IG (Ghost In The Shell, Patlabor, Jin Roh…) reprend l’intrigue de son prédécesseur, Blood The Last Vampire, ou la débute devrais-je dire, en la transposant à notre époque et plus durant la Guerre du Vietnam. D’entrée, on sent une énorme influence Américaine, qui est due surtout à l’ambition affichée de la série de s’exporter et de conquérir les marchés étrangers. Et je dois dire, les auteurs s’y sont parfaitement pris.

La série offre de l’extérieur l’impression d’être particulière et différente des autres, en proposant des scènes de combat assez sanglantes et violentes et une histoire basée sur les vampires et autres créatures de la nuit. En réalité, Blood+ est très abordable pour tous les publics, surtout les amateurs de films et séries US, très commerciale et ne choque à aucun moment (à moins que vous ne soyez choqués devant Naruto ou Bleach, auquel cas il faut consulter tout de suite).

Malheureusement, l’amalgame qui est fait entre les deux cultures n’en retire pas le meilleur, loin de là, à part peut-être pour les musiques Hollywoodiennes de Marc Mancina, supervisées par un des plus grands compositeurs des 20 dernières années, Hans Zimmer. L’animation est moyenne, décevante même comparé à ce que l’on pourrait attendre d’un grosse production comme celle-ci. La réalisation, très Américanisée, est très, très simple, presque simpliste, on a parfois la désagréable impression d’être devant une série US « de base »…

Le scénario rassemble un peu tous les clichés Américains et Japonais en même temps, tous les grands poncifs du genre sont là et bien là et on dénote un certain manque d’originalité et une redondance latente, bien que la série ne soit pas encore achevée, c’est dire… Elle aurait aussi profité d’une durée plus courte d’une saison, car les 52 épisodes prévus sont remplis de « fillers » (épisodes qui ne font pas avancer le scénario et souvent éloignés de l’intrigue principale) et commencent à tomber un peu à plat par manque de renouvellement.

Finalement, la qualité majeure de Blood+ est le rythme imprimé à la série, tantôt lent et lyrique, tantôt enlevé et dramatique, et le développement du script et des personnages (relativement bien traités dans l’histoire) est très bon. On voit tout ce petit monde évoluer, se transformer, disparaître, et dans la majorité des cas, le scénario suit tranquillement même si on sent bien que Production IG ne force pas son talent, loin de là. Et puis il y a de bons passages et de bons épisodes, mais Blood+ fait trop inégal sur la durée pour mériter une critique élogieuse.

En clair, Blood+ est une série dont on pouvait attendre BEAUCOUP plus, mais qui reste regardable malgré les longueurs, le goût d’inachevé et le manque d’originalité, et qui apporte enfin une histoire à peu près crédible à cette pauvre chasseuse de vampires de la techniquement parfaite OAV de Blood The Last Vampire.

Notation : Bon

Vendredi 14 juillet 2006

Film de romance, fantasy de 1995 - 1 heure 40


Réalisé par Yoshifumi Kondo, directeur de l’animation sur Le Tombeau Des Lucioles (sur lequel son travail fut extraordinaire en tous points, il créa le design et l’animation des enfants par exemple…), Sherlock Holmes, Conan Le Fils Du Futur ou encore Princesse Mononoke et grand artisan de la qualité technique des films du Studio, Mimi O Sumaseba sera en réalité son unique film puisqu’il mourra peu après la sortie de Mononoke, brisant le rêve de Miyazaki et Takahata de se retirer en lui laissant les rênes de Ghibli. Le scénario, la production et le story-board, ainsi que les scène de « fantasy » où l’on voit apparaître le Baron animé sont tous l’œuvre du maître Miyazaki lui-même, ce qui est un gage important de qualité.

Comme c’est souvent le cas dans les animés dits shoujo (ou disons issus d’un manga shoujo comme l’est Mimi O Sumaseba), le film est axé quasi-exclusivement sur les personnages et leurs sentiments. On suit la vie d’une adolescente Japonaise prénommée Shizuku, dans ses doutes, des peines, ses angoisses, en bref dans sa vie, et la recherche de sa voie. Passé le premier quart du film, lorsque l’héroïne part en chasse d’un chat étrange et découvre une boutique d’antiquités « magique », les lourdeurs s’effacent, le propos se fait plus distinct et le scénario trouve son rythme. A partir de ce moment, tout s’enchaîne avec la plus grande efficacité et la plus grande maîtrise. Nous sommes donc devant un grand film.

Le rythme de ce Whispers Of The Heart est très bien pesé, le développement de la trame ainsi que celui des personnages coule de source, les grands axes sont parfaitement mis en scène et en forme, et l’idée du réalisateur est clairement visible -achèvement ultime de l’artiste-, comme transparente pour nous autres, humbles spectateurs.

De plus, les décors sont très recherchés, l’animation des personnages est finement représentée, on se trouve ici confrontés à un grand Ghibli. Les musiques sont signés Yuuji Nomi (oui, le même qu’à la bande son de L’Ecole Des Champions !) et collent à l’atmosphère du film comme une seconde peau.

Les thèmes que l’on aborde sont vastes, du passage de l’adolescence à l’âge adulte à la Kiki (thème récurrent dans les œuvres de Ghibli), au lien entre la fiction et la réalité (avec de très belles scènes impressionnistes réalisées par Miyazaki), en passant par un certaine vision de la différence et du conformisme. Dans Mimi O Sumaseba, la normalité est magique, la magie est normale, et la vie quotidienne devient un émerveillement et une découverte perpétuels. On se surprend à aimer une pierre ou l’attitude d’un chat qui se réveille, à attendre le retour d’un amour qui ne reviendra jamais, au même titre que les personnages du film.

Pour finir, on ne sait si la référence est voulue, mais la scène de fin m’a fait penser à l’épilogue sublime de « L’Aurore » de Murnau (film considéré par certains comme le plus grand film de tous les temps), tant la séquence et la symbolique sont similaires. Une certaine violence se dégage d’ailleurs de cette scène, elle parait impromptue, mais est en réalité une fin logique vue l’évolution du scénario jusqu’à ce moment précis, une sorte de bouquet final concluant un si beau feu d’artifice cinématographique.

On ne peut que se demander après le visionnage de son unique long-métrage, quelles merveilles Yoshifumi Kondo aurait-il pu produire, dans quel sens aurait évolué son œuvre, ou quel avenir le Studio Ghibli aurait-il eu avec lui ? Dans tous les cas de figure, l’animation a perdu un grand homme en ce début d’année 1998, et Miyazaki, son héritier légitime. Si vous ne l’avez pas encore vu, faites vous plaisir, regardez ce chef d’œuvre.

Notation : 9,5/10

par Jacut publié dans : Film
Jeudi 13 juillet 2006

Série d’aventure, fantasy du premier semestre 2005 - 78 Episodes?


Tsubasa Chronicles est issu d’un manga éponyme crée par les quatre filles de Clamp, bien connues pour leurs séries et mangas tels que X, Cardcaptor Sakura, Magic Knight Rayearth, RG Veda ou encore Tokyo Babylon, et constitue en réalité un cross-over des univers qu'elles ont imaginés, sorte d’aboutissement dans leur carrière.

Fidèles à elles-mêmes, elles ont conçu ici une série emplie de mystères et de fantasy, tout en mêlant habilement les personnages et lieux de leurs créations précédentes, et en intégrant l’histoire et deux des personnages de xxxHolic (Mokona et Yuuko la sorcière) en parallèle avec celle-ci. Ainsi, on peut parfois voir ces personnages se référer à des évènements se déroulant sur Terre au même moment dans Holic, et les personnages des deux séries se trouvent obligés d’interagir par série interposée, comme dans le film de Tsubasa Chronicles (qui méritera peut-être une notation séparée de la série d’ailleurs) !

La direction de l’animé a été confiée au grand Koichi Mashimo (les .Hack, Madlax, Noir, Irresponsible Captain Tylor…), qui impose son style très, très lent et très maîtrisé lors de la première saison, avec bonheur je dois dire, et il est accompagné par ses deux artistes fétiches, Minako Shiba au Character Design (Noir, Madlax, Avenger…) et surtout la divine Yuki Kajiura (Mai Hime/Otome, Noir, Madlax, .Hack, Aquarian Age…) qui nous émerveille encore une fois avec ses compositions mi-Classiques, mi-futuristes à base de synthé et de chants du plus bel effet. La seconde saison, quand à elle, est réalisée par un quasi-inconnu, Hiroshi Morioka, l’assistant de Mashimo, qui réussit à pallier l’absence du maître à merveille. On voit nettement la différence de réalisation, mais cependant, le succès est au rendez-vous, tant le rythme est supérieur (c’est dur de faire plus lent en fait…), le découpage très bon et la symbolique conservée.

Le scénario est purement centré sur les personnages, et il évite les baisses de régime et les incohérences grâce à une grande originalité des situations et des rebondissements tout au long de la série. Tout se joue sur les détails, Tsubasa Chronicles est peaufinée jusqu’à être très lisse et sans fausse note ou presque, mais sans surnager néanmoins dans l’océan de l’animation Japonaise. Les développements se font attendre, comme souvent dans ce type de séries où les changements de lieux –de mondes ici, le principe étant de faire changer les héros fréquemment de monde pour retrouver les plumes perdues de Sakura, symboles de sa mémoire oubliée- sont très fréquents et où la rotation des personnages secondaires est très importante. Il y a beaucoup d’évolutions légères saupoudrées au fil de la série mais pas vraiment de bouleversements qui transforment le cours de l’histoire, contrairement à X par exemple.

Les quatre héros sont bien développés et prennent une importance considérable dans l’aventure, surtout le couple Sakura/Syaoran, mais ce n’est finalement pas au détriment des autres personnages puisqu’ils sont en général bien exploités les quelques épisodes qu’ils restent à l’écran (ils apparaissent parfois dans différents mondes avec différentes personnalités d’ailleurs).

Ensuite, l’esthétique est très soignée, et comme toujours avec Clamp, la symbolique est prépondérante, tout comme les nombreuses références au Shinto et au Bouddhisme. On sent surtout dans ce Tsubasa Chronicles une bonne maîtrise du sujet et de la forme, et une sorte de maturité. Ces quatre-là ont compris ce qui plait au public et savent ce qu’elles doivent faire pour attirer les spectateurs tout en restant sur le même créneau. Elles arrivent même encore à nous surprendre !

Pour finir avec l’animé, nous en sommes déjà à la seconde saison, mais il semblerait qu’une troisième soit en préparation pour 2007, on est donc loin d’en avoir vu le bout, et c’est tant mieux. Si vous êtes fans de Clamp vous ne serez pas déçus, sinon vous passerez à côté de bon nombre de références, même si elles ne sont pas particulièrement nécessaires pour la compréhension de l’animé, et si vous n’avez jamais suivi une série de Clamp, Tsubasa est un bon moyen de commencer.

Notation : Très Bon

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