Gloire à Soul Eater !

Publié le par Jacut


Soul Eater est un anime produit par le studio BONES à une époque critique dans l'Histoire de l'animation japonaise, une époque en mal de séries de qualité et où seuls les animes commerciaux réussissaient. Une époque où le sous-genre que l'on nomme "shonen"  (séries pour adolescents) n'était pas encore aussi connu et apprécié qu'aujourd'hui. Et oui, chers lecteurs, vous l'avez tous compris, cet anime est sorti en l'an de grâce 2008, autant dire une éternité. Mais après cette longue introduction, venons-en maintenant  à ce qui nous intéresse vraiment, la série proprement dite.


Après un premier épisode calamiteux, fade, sans substance, mal animé et d’une qualité de réalisation médiocre, j’étais persuade que j’allais allègrement m’ennuyer devant un nouveau shonen bas de gamme. Quel idiot j’ai été ! Dès le deuxième épisode, les carences techniques sont effacées par une mise en scène orgasmique en même temps qu'un scénario aux multiples rebondissements et à l’originalité à toute épreuve prend les rennes et nous fait comprendre à quel point nous sommes tout petits devant le GENIE absolu du studio BONES. Car oui, Soul Eater est brillantissime, une ôde au shonen, au développement proprement incroyable, ponctué par des scènes de bravoure renvoyant Gurren Lagann au placard, où testostérones riment avec épique et virilité à un point que l’on se demande si ces trois termes n’ont pas été créés pour cette série.



Et tout le génie de Soul Eater, c’est que la série ne se cantonne pas dans le genre du shonen et dépasse les clivages du style pour nous offrir un panel de scènes douces et contemplatives superbement bien réalisées (rappelez-vous des sublimes moments d’intimité entre Chrona et Maka, théâtres des plus grands développements de personnages de l’histoire du shonen, juste magique !) mélangées avec des épisodes incroyablement drôles et bien sentis (Black Star est une vraie perle !), sans oublier un spectacle de haute volée jusqu’à la fin dantesque où toutes les questions que nous nous posions sont traitées avec pudeur mais efficacité. Mais calmons-nous sur les superlatifs, il s’agit d’en garder quelques uns pour pouvoir caractériser ce chef d’œuvre monstrueux avec justesse et objectivité.

 

Malgré son parti pris assez radical et peu commun dans l’animation moderne (regardez par exemple les tenues excentriques et si stylées des persos principaux, ainsi que l’architecture des villes, quasiment tirée d’un film de Burton !) qui en rebutera d’ailleurs certains à tord, Soul Eater est avant tout une grande fresque humaniste traitant de l’amitié, de la générosité, du partage, de la confiance que l’on peut placer en autrui ainsi que du dépassement de soi, que des valeurs qui ne sont pas assez mises en avant dans les œuvres d’animation à notre époque et qui font tellement de bien en ces temps de crise. Vous l’avez compris, Soul Eater est à marquer d’une pierre blanche dans l’Histoire de l’animation japonaise, une évolution notable par rapport aux grands shonens de qualité sortis ces dernières années (Naruto, Bleach, D-Gray Man…), que dis-je une véritable révolution !



Niveau design des personnages ensuite, tout est fin, sobre et tout simplement beau à pleurer, malgré l’animation qui peine sur certains plans, et les génériques qui font un peu tâche dans l’ensemble (quel dommage d’avoir utilisé des artistes aussi underground pour chanter les génériques d’ailleurs, mais avec le budget risible de BONES sur cet anime, nul doute que le Studio a dû faire avec les moyens du bord…). Côté personnages, aucun doute possible, les protagonistes, particulièrement nos héros de Shibusen, sont dotés d’une personnalité très contrastée, ce qui donne lieu à des développements psychologiques énormes ainsi qu'à des situations dramatiques intenses. Et n’oublions pas la flopée de personnages secondaires tous utilisés à bon escient et s’intégrant parfaitement dans le monde à la fois sobre, onirique et ensorcelant de Soul Eater. On en redemande !

 

Dans le panthéon des grands personnages de ce chef d’œuvre, on retrouve Black Star, qui a été l’inspiration principale de l’ami des jeunes et des grands, j’ai nommé Naruto, héros de la géniale série éponyme. On mentionnera aussi l’omniprésent et ultra charismatique Soul, le héros de la série, l’hilarant Excalibur qui nous enchante à chacune de ses apparitions (les épisodes spéciaux d’Excalibur forment sans aucun doute le fin du fin la série, et on ne se lassera pas de repasser en boucle la moindre de ses proses !), ainsi que le subtil Death The Kid et ses inénarrables acolytes, les deux filles pistolet Liz et Patty. Néanmoins, quelques personnages sont un peu sous-exploités à mon goût, tels que Medusa ou Arachne, des méchants un peu manichéens et pas assez développés selon moi, mais devant un tel étalage de qualités, on peu bien laisser passer une ou deux petites approximations !



Pour en venir au scénario en lui-même, tout est emmené de main de maître par un pool de scénaristes tous plus talentueux les uns que les autres dont entre autres Akatsuki Yamatoya (les superbes Busou Renkin, Buzz Beater, Digimon Data Squad et Blue Dragon) et Megumi Shimizu (The Mars Daybreak, Bounen no Xam’d, que des chef d’œuvre en somme), deux scénaristes d’expérience qui ont fait leurs preuves et qui nous régalent à chaque nouvel épisode de par leur capacité à transcender toutes les situations de l’anime et à tirer le meilleur de leurs personnages dans une adaptation quasi-parfaite du manga original. Et n’oublions pas la réalisation ! J’évoquais le terme orgasmique un peu plus haut, mais je pense que l’on est bien loin de la vérité tant les plans sont bien structurés, bien amenés, finement storyboardés et surtout incroyablement créatifs. C’est un réel bonheur que de se laisser happer dans le monde fabuleux de Soul Eater par le réalisateur, Monsieur Igarashi qui signe ici un véritable coup de maître, bien aidé il est vrai par ses scénaristes comme je l’ai déjà écrit plus haut.

 

Mais deux des choses qui m’impressionnent le plus dans cette série, c’est sa cohérence et son rythme, qui sont tous les deux juste au top du top. Aucun filler, la série avance toujours avec subtilité mais efficacité, les scènes d’action servent vraiment le propos et le scénario, ce qui me fait dire que cette série n’est pas seulement un superbe anime d’entertainment mais aussi de l’Art avec un grand A. Sans nul doute le sommet de l’année 2008 (et 2009 même tiens !) en termes d’animation japonaise et de très loin le meilleur shonen qu’il m’ait été donné de voir, tout simplement.

Comme disent nos amis anglophones, « this show delivers SO MUCH! » que je n’ai d’autre choix que de légèrement revoir ma grille de notation. Mais à situation extraordinaire, réformes extraordinaires n’est-ce pas ? Avant Soul Eater, l’anime que je pensais être l’achèvement suprême du style était Legend of the Galactic Heroes (10/10), quoi de plus normal donc que Soul Eater, bien trois niveaux au dessus de cette sympathique petite série spatiale des 80’s, obtienne la méritée note de 13/10 ? Je tiens d’ailleurs à remercier toutes ces performantes et rapides teams de fansub françaises qui m’ont fait découvrir et suivre cette magnifique série, et sans qui cet article n’existerait pas. Bravo les gars, j’apprécie votre boulot.

 

Pour conclure, qui aurait pu penser après les semi échecs de ses débuts (l’immonde plagiat RahXephon, le minuscule Wolf’s Rain et le très moyen Scrapped Princess entre autres), que le studio BONES puisse un jour devenir le Roi de l’animation japonaise et nous pondre un bijou d’un niveau aussi hallucinant ? Je dois vous avouer humblement y avoir secrètement pensé, mais de là à penser une seule seconde voir un jour une réussite aussi totale, c’était inimaginable pour moi, malgré toute l'admiration et toute la foi aveugle que j’ai en ce studio... Chapeau BONES, et surtout chapeau à vos scénaristes d’avoir réussi un tel tour de force. Monsieur Igarashi, nul doute que vous deviendrez un jour le nouveau Miyazaki, que dis-je, le nouvel Kurosawa ! Gloire à vous, gloire à BONES, gloire à Soul Eater !



En bref, Soul Eater, téléchargez-le, regardez-le, achetez-le et reregardez-le, si vous ne l’avez pas encore fait, vous savez maintenant que vous avez raté le meilleur anime de tous les temps. Prenez vos petits pieds et foncez, c’est un ordre !

 

Notation : 13/10

Publié dans Série Achevée

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Commenter cet article

Jacut 03/04/2009 14:33

Good April's Fools day Fawnet ! I think that answers your question :D

Windspirit 03/04/2009 00:00

J'ai ÉNORMÉMENT ri, Jacut.

Fawnet 02/04/2009 21:59

What...the...heck. *clutches at head* First you hate the show and want to stomp it into a small greasy spot, and now, you love it. Seriously, what? Did Stein get ahold of your brain? Did you switch your girlfriend, your meds, your brand of coffee? Were you trolling then, or are you trolling now? Enquiring minds want to know!

Nady 02/04/2009 20:16

On y croyait presque! Joli poisson d'Avril.

Rioult 02/04/2009 12:53

Rien à voir mais un conseil cinéma pour toi : cours voir, pendant qu'il est encore à l'affiche, BANLIEUE 13 : ULTIMATUM, toujours en salles, le meilleur scénario jamais écrit par Luc besson (et pourtant Dieu sait que le niveau est élevé) et une réalisation au top. Meilleur film de l'année à ce jour!