Séries du printemps 2009, troisième partie

Publié le par Jacut

Basquash!

Mon premier coup de gueule de la saison. Doté d’un staff prestigieux et sur le papier très impressionnant, Basquash ! (quel nom ridicule), le petit dernier du studio Satelight, a bénéficié non seulement de la présence de Shin Itagaki à la direction (Black Cat), mais aussi de celle du grand Tatsuo Sato au scénario (le directeur de Nadesico, Stellvia, Cat Soup, Shigofumi et j’en passe) et de Thomas Romain (Oban Star Racer) au design, le tout chapeauté par le célèbre Shoji Kawamori (Macross).

 

Au menu, des persos vraiment trop stylés, des poses super trop classieuses, des situations burlesques de la mort qui tue, bref j’ai l’impression de voir un Soul Eater en version européanisée et avec de la CGI gerbante incrustée partout. Tous les persos respirent le gros cliché « made in » dessin animé français pour enfants passé à la moulinette du shonen japonais, et à part si vous êtes intéressés par les graphismes bariolés et la grosse CGI qui tache, j’ai du mal à voir ce que l’on peut trouver de bon dans ce show. Personnellement le chara-design me pique les yeux, les images de synthèse me brusquent les rétines et les couleurs ultra-flashy m’explosent les iris, sans compter que je hais par-dessus tout les marmots héros de la série et tout le fanservice éhonté qui va avec.

 

Mais le pire de tout je pense, c’est que j’aime vraiment beaucoup le réal (Black Cat est un chef d’œuvre de mise en scène pour moi) et j’adule littéralement le scénariste Tatsuo Sato (j'ai même été obligé de lui créer une fiche MAL comme personne ne le connaissait, c'est pas le comble ça ?!) qui est aussi un des mes réalisateurs préférés en animation japonaise, donc je devrais en théorie apprécier cet animé, mais c’est vraiment au dessus de mes forces. Après visionnage du premier épisode, je me suis rendu compte que c’était typiquement le genre de série que je ne peux pas supporter, probablement créée par la division marketing de Satelight, et supervisée par « maître » Kawamori (huhu, Aquarion, huhu, Frontier…), où l’image saute dans tous les sens, seul le graphisme semble avoir un peu d’importance tant le scénario est crétinisant au possible et le concept même de méchas en 3D pilotés par des gamins qui font du basket me paraît inintéressant. Pour résumer, je dirais qu’on est devant un gros mélange d’IGPX (pour le style), de Naruto (pour les persos) et d’Oban Star Racer (pour le design) où l’on ne tirerait au final que le moins bon des trois pour en faire une belle grosse soupe immangeable toute polygonée.

 

Pour résumer, Basquash ! est l’animé corniaud de la saison. Vous voulez du design francisant ? Vous êtes servi. Vous voulez de la grosse image de synthèse à l’américaine ? Vous êtes servi. Vous voulez des héros shonen qui n’ont peur de rien à la Naruto ? Vous êtes servi. Vous voulez de l’animation traditionnelle à la japonaise ? Vous êtes servi. Vous voulez tout bouffer d'un coup dans la même assiette? Pas de problème, tonton Kawamori est là ! On est vraiment devant un anime fourre-tout par excellence, aux multiples références trop grosses pour être vraies et trop mal incorporées pour être crédibles. Une production qui est censée être du divertissement pur, mais qui a de grandes ambitions et qui se la raconte sévère alors que pour l’instant il n’y a aucun fond et où l’on peut voir chaque scène individuellement et énoncer à haute voix d’où elle est tirée (« Ah tiens, ça c’est du Star Wars. » « Hmm, ok, Gurren Lagann.” “Yes, celle-là Naruto”. Et ainsi de suite).

 

Pour vous faire voir l’estime que je porte à ce titre, je dirais qu’il ressemble beaucoup au dessin animé français mettant en scène des kangourous jouant au basket et diffusé à la toute fin du Club Dorothée, « Kangoo » . Oui oui, de ce niveau là. En fait, on a plus l’impression d’être devant une série diffusée sur Jetix qu’un truc sérieux regardable par des gens de plus de 12 ans. Je pense que je déteste autant Basquash ! que Soul Eater, et ce qui m’attriste le plus, c’est que ça aurait pu être excellent, et ça, c’est bien dommage.

 

Mauvais: 1/5

 

 

Valkyria Chronicles

Voilà ensuite une série bien intéressante de mon nouveau petit studio fétiche A-1 Pictures (non, pas pour Kannagi) adaptée d’un célèbre jeu vidéo de SEGA sous la houlette d’une partie du staff qui a fait Ookiku Furikabutte (aussi appelé Big Windup ! en anglais). Si l’on ajoute à ça la présence de Marina Inoue (Yoko de Gurren Lagann, Kyoko de Skip Beat !, Kana de Minami-Ke) dans le rôle féminin principal, et que l’on oublie deux secondes que l’immense majorité des adaptations de jeux, en particulier de RPGs, sont très mauvaises, ça donne envie n’est-ce pas ?

 

Et bien en effet, on commence par des épisodes ma foi bien sympathiques et pas prise de tête, qui plairont aux amateurs d’animés de guerre/aventure avec une touche de romance par ci par là. Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est surtout l’ambiance bien sentie très typée seconde guerre mondiale ainsi que les superbes couleurs crayonnées pour les personnages et les jolis décors bien détaillés. Non, vraiment, c’est très classique et très joli, et en plus, c’est le maître des cuivres Hitoshi Sakimoto (Radiant Silvergun, FF Tactics, Vagrant Story, FF XII et autres joyeusetés vidéoludiques) qui compose les musiques.

 

Dans ce premier épisode, les personnages sont correctement introduits, le scénario bien expliqué et le rythme demeure assez élevé en dépit d’un académisme un peu trop prononcé, mais on reste au dessus de la moyenne sur presque tous les points et on passe un agréable moment devant ce Valkyria Chronicles au final. Il n’y a rien d’extraordinaire à se mettre sous la dent, rien de vraiment fantastique, mais cette série se laisse regarder comme un divertissement bon enfant et plaisant, tout en laissant entrevoir un potentiel de développement certain. Il me reste donc encore à voir un animé d’A-1 Pictures qui soit vraiment mauvais parce que pour l’instant, tout ce que j’ai vu sortir de ce studio oscille entre le moyen et l’excellent, et Valkyria Chronicles ne fait pas exception à la règle. Un studio d'avenir à mon humble avis, qu'il faudra suivre avec la plus grande attention dans le futur (surtout qu'il appartient à Aniplex, branche animation de Sony Japon...).

 

Assez bon: 2,5/5

 

 

Tears To Tiara

Adapté d’une visual novel de Leaf/AQUAPLUS (To Heart, Utawarerumono, White Album…), Tears to Tiara est issu du même moule que le celui qui est probablement le meilleur de ses prédécesseurs, Utawarerumono, avec lequel il partage le réalisateur Tomoki Kobayashi, le character designer Masahiko Nakata et le studio Oriental Light and Magic. Nul doute donc qu’AQUAPLUS (éditeur détenant le célèbre studio de jeu Leaf, l’un des grands créateurs de VN avec Typemoon et Key) a été satisfait de l’adaptation de son précédent jeu, tout comme moi.

 

Première remarque en examinant cet épisode introductif : l’animation, le chara-design, la direction artistique, enfin la technique pure en général est excellente. Et l’OP ne l’est pas moins. Seconde remarque, l’introduction du scénario est excellente et l’atmosphère est mise en scène tout à fait correctement. Du bon boulot donc que ce premier épisode, surtout que l’on s’attache facilement et rapidement aux personnages principaux comme la série débute sur un rythme très élevé avec des évènements dramatiques d’entrée. Et le développement est très bon, le tout dirigé avec une grande justesse. En somme, on a donc maintenant la preuve que les jeux de Leaf/AQUAPLUS sont faciles à adapter en animé, que le studio Oriental Light and Magic est très qualifié pour ce genre d’adaptations, ou bien les deux.

 

Dès la fin de l’épisode, il devient clair que le démon millénaire réincarné ne sera pas l’ennemi mortel des héros mais bien le protagoniste principal de l’animé, ce qui ne fait que renforcer l’originalité et la qualité globale de cette introduction et du monde de Tears to Tiara. J’avais quand même quelques attentes concernant cet animé, et il semble qu’elles aient été dépassées dès le premier épisode, et la suite s’annonce tout à fait dans la veine d’Utaware (comment ne pas comparer les deux, ils sont si similaires ?) avec des manipulations politiques rapidement balayées par une lutte religieuse et l'appariton d'être quasi-divins. Et ça tombe bien, notre protagoniste principal est la réincarnation d’un dieu maléfique justement (s’il y a des fans du VN et que vous l’avez fini, dites-moi si je me trompe)!

 

J’imagine que la différence principale se fera sûrement sur les personnages et leurs relations, car les ficelles du scénario me semblent être les mêmes pour l’instant que pour l’adaptation précédente de Leaf. Un animé à recommander donc, l’un des meilleurs dans le genre fantasy cette saison (avec Guin Saga, cela va de soit), un vrai concept, une production value élevée,  une maîtrise certaine et de belles promesses pour l’avenir.

Bon: 3/5

 

 

Shin Mazinger Shougeki Z-Hen

Wahou. C’est le premier truc que j’ai laissé échapper en voyant le monstrueux premier épisode de Shin Mazinger Shougeki Z-Hen (on va l’appeler Shin Mazinger Z hein, c’est plus simple). Réalisé et scénarisé par le monument Yasuhiro Imagawa (Giant Robo OVA, G Gundam), ce nouveau Mazinger tente - et avec quel succès - de redonner un coup de jeune à la franchise légendaire qui a démocratisé le style du super robot animé (que les fans de Mitsuteru Yokoyama me pardonnent :)), voire du mécha en général.

 

D’emblée, on se demande ce que l’on est en train de regarder, tant tout ce qui passe à l’écran est complètement « over-the-top » à la limite de l’hallucinatoire, la réalisation est monstrueuse et l’animation exceptionnelle (en émulant le style graphique des années 70 bien entendu). Et oui, car on commence ce Shin Mazinger Z non pas sur un épisode introductif, mais bien à la FIN de la série, le second épisode étant le véritable épisode d’introduction. Et quelle bonne idée Imagawa a eu que de commencer par la fin, car même si on ne comprend strictement rien à l’intrigue (à moins d'avoir vu la série originale), la série dégage une telle force et un tel dynamisme qu’on est littéralement happé par elle et que l’on se retrouve contraint et forcé de regarder la suite.

 

Je dois avouer que même en tant que presque novice et non fan du style des super robot (et ouais, je suis un pauvre petit real robot et hybrid robot fan !), j’ai rarement autant pris mon pied sur un simple épisode que sur celui-ci, cela dépasse tout ce qu’on peut voir d’ordinaire en animation japonaise grâce à des couleurs à la fois vives et bien choisies, une direction aussi old school qu’inventive et une bande originale d’Akira Miyagawa (euh je sais pas ce qu’il a fait avant…) d’un niveau et d’un éclectisme comme j’ai rarement entendu auparavant (jazz, rock, instrumental, tout y passe en un épisode). Ah, pauvre de moi, j’ai failli oublier la narration parfaite ! Et on finit l’épisode 1 sur cinq des meilleures minutes qu'il m’ait été donné de voir dans un animé, tout simplement monumentales de virilité et de puissance.

 

Alors bon, soyons honnêtes, les persos sont hauts en couleur, mais sont extrêmement clichés (même si c’est bien sûr intentionnel) et le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, mais on comprend bien que ce n’est pas le propos de la série. Non, le propos de la série, c’est l'épique, la grandeur, la testostérone, la masculinité, le super robot qui détruit le mal absolu, le propos de la série, c’est l’homme, le mâle ! Ce n'est donc pas étonnant qu’il y ait de très gros fans de cet animé, car si ça continue à ce rythme là, on est en droit d’attendre une série de la qualité du cultissime Giant Robo de 1992-1998 (7 ans pour 7 OVAs, pas mal) par le même réalisateur/scénariste, mais en version TV. Un grand moment de bonheur pour tous les fans du style et les autres.

 

Excellent: 4/5

Publié dans Premier Episode

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Jacut 18/04/2009 21:48

Yep, Mazinger Z grosse claque, même pour un moitié novice, moitié non-fan comme moi de super robotto ! Bon et puis pour Basquash, je trouve ça vraiment nul mais je sais aussi qu'il y a des fans (dont toi, tu l'avais annoncé avant le début de la saison même :)), c'est normal vu le style et vue la réalisation, mais perso ça a le don de m'insupporter :)

Gemini 17/04/2009 22:23

"que les fans de Mitsuteru Yokoyama me pardonnent">> Si je veux. Nan mais t'inquiète, je suis aussi fan de Go Nagai, donc no problemo ^^Tout à fait d'accord avec toi sur Z Mazinger, c'est juste AWESOME, EPIC, OVER THE TOP, et tout ce que tu veux, du moment que c'est en majuscule. Les personnages dégoulinent de virilité absolue, je n'avais pas vu cela depuis G Gundam, du même réalisateur. Néanmoins, je tiens à préciser que connaître le Mazinger Z d'origine n'aide pas forcément à comprendre le premier épisode ; ça aide dans la  mesure où certains protagonistes sont reconnaissables - Koji/Alcor, Baron Ashura, Docteur Hell, Boss/Bélier, j'en passe -, mais même pas tous, puisque certains sont inédits. Quoi qu'il en soit, c'est excellent, une grosse claque.Mon autre grosse claque du Printemps, c'est... Basquash. Ben oui, là on va pas être copain, mais j'ai été séduit par ce premier épisode, les défauts que tu lui trouves sont pour moi des qualités, mais j'attends tout de même de voir ce que cela va donné dans la longueur. Pour l'instant, je trouve cet anime inventif et sur-vitaminé, la réalisation d'Itagaki - réalisateur de mon épisode favori de Gurren-Lagann - est dynamique, ça fait plaisir.Pour les deux autres animes, je ne les ai pas vu, donc je ne me prononces pas ^^'