Le Portrait De Petite Cossette

Publié le par Jacut

Série d’OAVs d’horreur, fantastique de 2004 – 3 Episodes


Sortie en 2004, cette OAV en trois parties de 38 minutes (tiens donc !) est issue d’un manga et se place dans le genre très adulte et particulier du fantastique -dans sa définition primaire-, avec une touche de romantisme et surtout de mysticisme un peu religieux parfois, qui en fait un animé à déconseiller aux âmes sensibles ou même aux non avertis, vue sa noirceur et sa violence extrêmes.
 

Le héros, Eiri, découvre un verre vieux de 250 ans dans la boutique d’Antiquités dans laquelle il travaille, et est bientôt hanté par la jeune fille à qui appartenait l’objet, une certaine Cossette D’Auvergne… Vu comme ça, il n’y a rien d’original, sauf que la réalisation est tellement stylée et complexe (ça fait mal aux yeux parfois), presque décomposée, que l’on comprend d’emblée que la série de s’adresse pas à tout le monde. Il arrive à l’auteur de partir sur des délires psychologico visuels complètement hallucinés où il est dur de tout saisir pour le spectateur Occidental moyen… Le premier épisode est d’ailleurs quasiment incompréhensible, et seule sa conclusion, qui explique une grande partie de l’intrigue, donne vraiment l’impulsion décisive à la série.

Le Portrait de Petite Cossette est fondé sur deux axes principaux : l’Art et la psychologie, logique donc que l’esthétique soit incroyablement soignée et que l’animé soit un prétexte à plonger dans les tréfonds de l’âme humaine. Comme on pouvait s’y attendre, la narration et le scénario sont quasiment inexistants, à la manière d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe, et ce n’est bien sûr pas un hasard si la série évoque furieusement « Le Portrait Ovale », chef d’œuvre en 8 pages  des Nouvelles Histoire Extraordinaire du susnommé.

Les auteurs jouent habilement sur le monde onirique et illusoire dans lequel est plongé le héros, monde qui va lui faire perdre tous ses repères, et l’on se demande par qui, pourquoi et comment il existe, c’est d’ailleurs l’un des ressorts majeurs du script. Un autre ressort important de l’intrigue est le lien entre le héros et cette étrange Cossette, entre passé et présent, entre rêve et réalité. Dans Petite Cossette, aucun sentiment ne se veut entravé par un quelconque obstacle, la recherche de la pureté (comme dans le shinto par exemple) étant l’ultime but à atteindre dans tous les domaines.

Techniquement donc, la série est irréprochable, l’esthétique très poussée et très variée, et la réalisation semble expérimentale et fourmille d’idées intéressantes, même si dans de nombreux cas le réalisateur en fait un peu trop à force de trop tenter. La bande son est, quant à elle, Kajiuresque (cf : sublime, merveilleuse, envoûtante etc… voire la critique de Tsubasa Chronicles si vous voulez connaître les autres composition de Miss Kajiura) tout simplement.

Que peut-on ajouter de plus, sinon que le message que passe l’auteur ainsi que les thèmes abordés sont bien traités, bien qu’il soit difficile d’appréhender l’œuvre dans son ensemble, et il y a finalement peu de déchet dans ce Portrait De Petite Cossette si on rapporte la qualité finale aux risques énormes pris dans la conception d’une série aussi complexe. Une belle réussite donc, à réserver aux amateurs de littérature fantastique ou d’horreur, ou encore à ceux qui veulent découvrir un style vraiment différent de ce qui se fait en animation Japonaise.

Notation : 9/10

Publié dans Série Achevée

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