Koukyou Shihen Eureka seveN (Eureka seveN)

Publié le par Jacut

Série de mechas, science-fiction du second semestre 2005 – 50 Episodes


Koukyou Shihen Eureka seveN, ou Eureka seveN Psalms Of Planets, est la grosse production de la fin 2005/début 2006 du Studio Bones, auquel on doit déjà des titres tels que Scrapped Princess, RahXephon, Fullmetal Alchemist ou encore Wolf’s Rain, et qui est composé de transfuges de Sunrise ayant œuvré sur Cowboy Bebop. Le réalisateur Tomoki Kyoda a dirigé l’OAV et le film de RahXephon, le scénariste principal, Dai Sato est le même que dans Cowboy Bebop, Wolf’s Rain et  Ghost In The Shell Stand Alone Complex, et si l’on suit mon raisonnement, la série est censée se classer dans le haut du panier de l’année 2005 sans aucune difficulté vue la qualité de l’équipe qui en est responsable. Maintenant, après un Kenran Buto Sai : The Mars Daybreak assez douteux l’année dernière, qui sait ce que Bones peut bien nous réserver ?

Le scénario part sur les bases d'une rencontre entre un adolescent fan de mécanique (on apprendra plus tard que son père est le plus grand héros de tous les temps, ayant sauvé le monde il y a quelques années avant de disparaitre mystérieusement...), Renton Thurston, et une jeune fille aux cheveux verts recherchée par l'armée et "reffant sur le trappar" (comprenez surfant sur les courants aériens) grâce à un robot géant nommé Nirvash. Le jeune homme est alors chargé d'aider cette Eureka, dont il est tombé instantanément amoureux, à réparer son robot et va s'engager finalement dans le vaisseau de guerre le Gekko Go (qui ressemble plus à un camp de vacances de premier abord) et ses membres, des stars du "reffing", sport extrème à la mode sur cette planète, luttent avec la cool attitude contre l'armée qu'ils ont desertée. Je sais, lorsque j'ai vu le premier épisode, moi aussi je me suis dit : "C'est quoi ce bordel?".

En analysant un peu, on pense d’entrée se trouver devant un mix entre deux des séries de l’un des Dieux de l’animation, Yoshiyuki Tomino : Brain Powerd pour les mechas et leur nature organique, et Overman King Gainer (Kenichi Yoshida est comme par hasard le chara/mecha designer de Eureka ET Gainer) pour le style très « cool » et new wave avec des surfeurs et des jolies filles, de la trance en fond sonore et une histoire d’évolution de l’enfance au monde des adultes teinté d’écologisme. La réalité est tout autre, tant ce Eureka seveN fait la synthèse des deux pour les surpasser au final, en devenant presque Miyazakien par sa profondeur et la puissance de ses personnages.

Mais commençons par le commencement. Cet animé est sublime. Il surpasse graphiquement quasiment tout ce qui s’est fait avant 2005 en série pour la télévision, des personnages bien dessinés et différenciés aux mechas vraiment très beaux et aux effets spéciaux incroyables. Mais ce qui impressionne véritablement est la qualité des phases d’action et des combats, où l’animation se fait aérienne et gracieuse, du niveau des meilleurs films. La bande originale (si l’on excepte les morceaux de techno/trance) a été composée par le grand Naoki Sato, compositeur de la série X (et son thème principal absolument merveilleux !), et est grandiose, orchestrale, puissante, en bref, l’une des plus belles performances musicales jamais entendues dans un animé. Ce qui contraste avec les génériques pas toujours bien sentis mais dans la mouvance underground Japonaise on va dire.

Le canevas scénaristique est clair (comprendra qui pourra !), les fils de l’intrigue sont magnifiquement bien tissés, la première saison se concentrant essentiellement sur la relation entre Eureka et Renton et les aventures du Gekko-Go (le vaisseau des surfeurs déserteurs !), la seconde, parfaite, partant elle sur des thèmes beaucoup plus complexes et philosophiques tout en gardant le côté humain de ses débuts. Les 50 épisodes sont (pour une fois) complètement justifiés, bien que le départ soit un peu poussif, très axé comédie/tranche de vie, il se révèle totalement indispensable au final pour bien mettre en place les héros et leurs interactions. Même si le scénario peut sembler très opaque et complexe par instants, ne vous inquiétez pas, toutes les questions que vous vous posez –et bien plus encore- feront l’objet de réponses appropriées et satisfaisantes de la part des scénaristes ! Une des grandes forces de Eureka seveN est de toujours nous surprendre dans le bon sens et de toujours être maîtrisé par ses créateurs, qui ne lâchent jamais le morceau et ne nous simplifient pas la tache pour la compréhension de leur œuvre.

On sent bien que les créateurs aiment leurs personnages, ainsi que le monde qu'ils ont inventé, et croient très fort en leur série et qu’ils revendiquent pleinement les messages qu’ils distillent au fil des épisodes. Eureka seveN est un petit joyau, le précieux bébé de toute une équipe (près de 30 scénaristes, soryborders et directeurs d'épisodes !). Les thèmes abordés vont de la survie d’une planète, aux relations humaines, en passant par le développement personnel ou encore la nécessité de la tolérance entre les peuples. Eureka seveN, ou l’animation à visage humain, qui réconcilie la technologie avec la nature (bien que Brain Powerd ait déjà tenté avec beaucoup de succès cette aventure…).

En parlant des personnages, les deux héros, Renton et Eureka sont incroyablement attachants et leur relation est unique dans l’animation tellement elle est détaillée psychologiquement et complexe. On s’identifie forcément à au moins l’un des personnages de la série (les membres du Gekko Go, Renton et Eureka, les enfants, le couple hors du temps, Dominic et Anemone, Charles et sa dulcinée, Norbu et Sakuya, les militaires, les ingénieurs, les savants, les enfants sacrifiés du projet Ageha, la famille de Renton, Dewey Novak peut-être ?), et tous ont à un moment ou à un autre leur heure de gloire. Aucun personnage n’est sous exploité, et chacun sert le scénario à la hauteur de ses compétences. A la manière d’un Cowboy Bebop, Eureka seveN met en scène la réalité de la vie, et reflète tout simplement l’état de la société actuelle.

Enfin le rythme du scénario est soupesé et très équilibré, entre les scènes romantiques ou lyriques, l’action pure, le grandiose, la Guerre, et surtout, si bien mis en scène que l’on ne peut que rester admiratifs devant le travail de toute cette équipe. Seule la conclusion aurait mérité quelques minutes supplémentaires, mais il est vrai que chacun a son avis sur une scène finale, et je suis un fervent partisan de la « méthode Anno » personnellement, c’est pour cela que le générique de fin m’a semblé arriver un peu trop vite. Après 50 épisodes, c’est quand même le signe d’une très grande série ! Ah, que je regrette de ne pouvoir regarder un seul épisode supplémentaire de ce chef d’œuvre…

Bones a crée grâce à Eureka seveN une des références de l’animation actuelle, un des « must » de ce que vous pourrez voir en série dans la décennie 2000, une œuvre géniale méritant logiquement la note maximale, tout comme un Rahxephon par exemple. Le studio Bones devient indubitablement grâce à ces deux animés le porte-étendard de la nouvelle vague des animés de mechas !

Notation : 10/10

Publié dans Série Achevée

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