.Hack//Roots

Publié le par Jacut

Série d’aventure du premier semestre 2006 – 26 Episodes

L’univers de .hack a originellement été crée en 2002 sous l’impulsion de quatre grandes pointures dans leurs domaines : Koichi Mashimo à la réalisation (Irresponsible Captain Tylor, Noir), Yoshiyuki Sadamoto au design (Evangelion, Nadia, Honneamise), Kazunori Ito au scénario (tous les films d’Oshii, avec par exemple Avalon ou Ghost In The Shell) et enfin Yuki Kajiura à la musique (Noir, Aquarian Age). Simultanément, cet univers a pris son envol avec la sortie de jeux vidéo, mangas, séries télévisées et OAVs cette même année, étant l’une des premières franchises à être adaptée sur quatre supports indépendants dès son lancement. Depuis, l’histoire de « The World », l’univers du jeu virtuel (un MMORPG comme WoW par exemple, mais en plus évolué) dans lequel vivent littéralement les personnages a bien avancé et les bases sont largement posées pour une nouvelle série censée développer cette fois-ci la deuxième version du jeu, créée après l’incendie de la base de données ayant éradiqué la première.

L’animé commence donc au moment où un certain Haseo se connecte à « The World », et nous suivrons sa progression dans le jeu sans sortir (ou presque) du monde virtuel. .hack//Roots va nous raconter son enrôlement dans la « Twilight Brigade », une guilde pas comme les autres contrôlée par un magicien de génie -mais très mystérieux- nommé Ovan, secondé par une jolie prêtresse nommée Shino. Le but de cette guilde est tout simplement de retrouver dans le jeu la légendaire « Key Of The Twilight », qui, on s’en souvient, était aussi un objet fantastique constamment recherché dans .hack//Sign (et qui détenait le pouvoir invraisemblable de transformer le monde du jeu…). Néanmoins, il y a un léger problème, puisque cette clé n’est pas censée exister dans la nouvelle version de « The World ». Comment et pourquoi Ovan cherche-t-il donc à se l’approprier ?

Pour commencer sur la technique, la série est belle, même si les personnages sont évidemment moins jolis que ceux dessinés par Sadamoto pour Sign, mais cela est compensé par les superbes décors de « The World ». En effet, on constate une recherche graphique très importante et un soin énorme apportés à leur variété. Sinon, l’animation est dans les normes de notre époque, ni plus ni moins, et la série se laisse largement regarder graphiquement.

Point de vue bande son, les musiques sont dérangeantes et complexes dans la veine des compositions d’Ali Project (Avenger), sans atteindre la qualité de celles de la grande Yuki Kajiura de .hack//Sign et Liminality néanmoins. Une perte de niveau notable depuis la première série…

Ensuite, les personnages sont subtils et posés, et ne se dévoilent que dans les dix derniers épisodes, et l’on apprendra certainement aussi pas mal de choses sur la vie réelle des personnages du jeu. Mais pour l’instant, on a un peu du mal à avoir une vision claire de la direction où Mashimo veut nous mener… Et puis le scénario de .hack//Roots est très long à mettre en place, mais est finalement assez fouillé, les connexions et les développements inter personnages étant prépondérants et minutieusement expliqués. Les motivations des héros sont toujours aussi opaques, et les phases descriptives toujours aussi importantes, en bref on est bel et bien plongés dans « The World », aucun doute là dessus.

Malgré son immense maîtrise, on sent que Mashimo a du mal à passer à la vitesse supérieure, on est comme enfermés toujours dans le même type de séries depuis Noir (avec un scénario et des personnages systématiquement inférieurs par contre), avec Avenger, Madlax, et les .hack. La réalisation est si lente et a si peu évolué depuis Noir… Koichi Mashimo a assurément une patte reconnaissable entre toutes, mais tellement énervante parfois…

Et puis trouve enfin sa voie vers le milieu de la série, et prend une certaine ampleur, il passe un pallier, comme dans .hack//Sign. Le scénario devient plus clair, les rebondissements plus nombreux, le rythme augmente sensiblement et les relations entre les personnages se transforment radicalement. Sans compter que la symbolique et les belles images suggérées demeurent, comme dans tous les Mashimo !

On peut cependant douter, pour conclure, de la valeur ajoutée à l’univers de « The World », en quoi cette série était nécessaire après Sign, Legend Of The Twilight Bracelet et Liminality. Roots est un pot pourri des trois précitées et on a l’impression d’être devant du déjà vu, comme une copie, et inférieure qui plus est. Cumulé aux défauts de la première partie de la série (lenteur, lourdeur, opacité…), et à l’absence de Sadamoto et Kajiura, je ne peux décemment pas lui mettre une appréciation équivalente à celle que je mettrai à .hack//Sign.

Notation : Bon

Publié dans Série En Cours

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