Yume Tsukai (Dream Users)

Publié le par Jacut

Série de fantasy du premier semestre 2006 – 12 Episodes

 

Basé sur le manga assez connu d’Ueshiba Riichi, mélange de bizarreries, de philosophies orientales, de sexe (je vous rassure, aucune trace dans la série) et de grande littérature, Yume Tsukai a été confié au prestigieux studio Madhouse pour son adaptation à la télévision. Fort d’un réalisateur vedette nommé Kazuo Yamazaki et déjà aux commandes de Maison Ikkoku (Juliette Je T’aime, référence absolue dans son style), Urusei Yatsura (l’étrange mais génial Lamu !!!), Please Save My Earth ou encore directeur de l’animation sur le mythique premier Gundam, on est sûrs que l’animé part sur des bases solides.

 

Rinko et Touko Mishima sont deux « Yume Tsukai », qui disposent donc du pouvoir de manipuler les rêves. En effet, dans le Japon que l’on nous présente ici, les cauchemars causés par divers facteurs en viennent à s’installer dans la vie de leurs maîtres (mais aussi victimes), jusqu’à les engloutir complètement et à les faire disparaître du monde réel. Les deux sœurs ont donc comme mission de les sauver avec comme arme l’art millénaire du Yume Tsukai, dérivé de légendes de l'ère Heian. Puis au bout de quelques épisodes, viennent les aider de nouveaux Yume Tsukai, tous symbolisant un jour de la semaine (un élément primitif en somme).

 

Doté d’un design particulier et très réussi (proche du manga évidemment), Yume Tsukai dispose aussi d’un niveau technique très élevé, surtout durant les –sublimes- combats, et l’on peut dire que l’animation est excellente compte tenu de la nature de la série. Rien de surprenant de la part de Madhouse, mais on est quand même au dessus de Kiba et Black Lagoon sortis eux aussi cette année par le même studio. Et puis la réalisation est classique et passe bien à l’écran, en faisant vivre les protagonistes et l’histoire tout à fait plaisamment…

 

Les musiques sont aussi intrigantes que belles, par le compositeur de Gendo Senki (le dernier Ghibli par le fils de Miyazaki, sorti la semaine dernière au Japon…) et les deux génériques sont de très haut vol, aussi bien graphiquement que musicalement. Cela correspond en tous cas exactement à l’univers de la série. Du très très bon sur ce plan là également.

 

Ensuite, il faut savoir que les épisodes sont basés sur le principe des enquêtes policières, où les héroïnes doivent retrouver la source du cauchemar qui hante et détruit la vie des gens, avant d’éliminer les incarnations maléfiques du rêve en question dans un déluge d’effets spéciaux du meilleur goût. Chaque épisode a ses qualités propres et est indépendant, on ne se lasse pas un instant de cet animé ! De plus, il y a assez de variations pour ne pas que la série devienne ennuyeuse ou répétitive. Pour une série à épisodes séparés (une introduction, une enquête, une conclusion par épisode), Yume Tsukai est sans aucun doute l’une des toutes meilleures sorties dans les dernières années, devant Mushishi probablement.

 

Les personnages sont caricaturaux certes, mais servent parfaitement leur but de faire avancer le scénario en résolvant des énigmes tout en « vivant » devant nos yeux. Et puis les deux sœurs sont tellement attachantes et mignonnes, que ce soit la spontanée et inexpérimentée Rinko ou sa grande sœur, la réfléchie et un peu rêveuse Touko, toutes deux autoproclamées ermites, qu’on se laisse volontiers bercer dans leurs aventures. Si on ajoute à cela les autres Yume Tsukai, tous plus extravagants les uns que les autres, on voit rapidement un bon rythme s’installer dans la série…

 

Les thèmes abordés dans l’animé sont souvent des problèmes sociaux (la famille, le couple, l’amitié, l’adolescence…) et la problématique principale de la série se situe bien entendu au niveau de la relation entre le rêve et la réalité. Aucun détail n’a été épargné, des habits, au vocabulaire, en passant par les outils ou les machineries spécifiques à la profession de Yume Tsukai (manipulateurs de rêves), le monde de Rinko et Touko se situe entre le réel et l’imaginaire, à l’exacte frontière des deux, et chaque petite chose a son explication et sa nécessité dans cette ambiguïté formelle. Viennent s’y greffer de nombreuses références aux religions (Bouddhisme en particulier) et à des symboles purement Japonais, avec une attention toute particulière sur les kanjis et les mots qu’ils forment, en bref, la langue Japonaise, véritable réservoir de légendes et de symboles à elle toute seule.

 

Série au concept très original, bien réalisée, bien rythmée, aux personnages intéressants et à la bande sonore haut de gamme, Yume Tsukai excelle dans quasiment tous les domaines. Et que demander de plus pour combler un spectateur, qu’une série sans défauts ou presque ? Vous aussi, tout comme moi, laissez-vous entraîner par le pouvoir des rêves et des jouets millénaires !

 

Notation : Excellent

Publié dans Série En Cours

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