Black Lagoon

Publié le par Jacut

Série d’action du premier semestre 2006 – 12 Episodes (Première saison)

 

Tiré encore et toujours d’un manga, celui-ci de Rei Hiroe (et sorti en France d’ailleurs), Black Lagoon est adapté au format TV par Sunao Katabuchi, le réalisateur et auteur du très reconnu Princesse Arete. Il endosse ici les rôles de scénariste, réalisateur et coordinateur de la série, autant dire presque tous les rôles de production importants. Cette série sera clairement la sienne, et en voyant ce grand nom au générique, j’ai été –étrangement- tout de suite sensibilisé à la cause de du nouveau Madhouse !

 

La série suit les aventures de la belle mais vénéneuse Revy, surnommée « Two Hands » pour sa capacité à utiliser deux pistolets simultanément, du blondinet Benny, un petit génie de l’informatique, et leur grand et costaud chef à la peau noire, le fin tacticien Dutch, formant tous trois la compagnie « Black Lagoon » (référence au film des années 50 ? je ne crois pas). Lors d’un voyage d’affaires anodin en mer de Chine, un salaryman Japonais de base a la désagréable surprise de voir son bateau piraté par ces cruels mercenaires, qui, attirés par l’argent, vont le prendre en otage en bonus de la disquette qu’il devait délivrer en lieu sûr. Comprenant que son patron l’a envoyé à une mort probable sans aucun remords, et excédé par sa misérable condition d’employé au Pays du Soleil Levant, « Rock » comme on l’appellera désormais décide de quitter définitivement son ancienne vie et de devenir le quatrième membre de la Black Lagoon avec l’accord de Revy et Dutch. Commencent alors les périlleuses pérégrinations de nos héros au paradis des mafias, guérillas et autres armées clandestines…

 

Le générique d’intro met de suite dans l’ambiance, stylé et punchy, avec pas mal d’innovations visuelles et une bonne musique hard chanté par une femme (non ce n’est pas une coïncidence…). J’aime. Le style est donc clairement exposé d’entrée, ce sera un animé d’action avec un soupçon de réflexion. Black Lagoon est même techniquement très beau et bien animé, avec des scènes de combat à l’arme à feu intéressantes (pour une fois). De plus, la réalisation est vraiment bien faite et originale, on n’a pas à se plaindre de la qualité globale de la direction de M.Katabuchi. Et puis le générique de fin est lui aussi très bon, commençant avec une superbe musique atmosphérique et finissant sur un gros accès de fureur du batteur décrivant l’humeur de Revy à l’écran.

 

Les musiques composées par EDISON sont comme les génériques, tantôt puissamment heavy lors des phases de combats, tantôt lentes et entêtantes comme lors des scènes intermédiaires, mais restent toujours de bonne facture. Cela crée un vrai décalage étant donné la différence de style, ce que j’apprécie beaucoup.

 

Le scénario est avant tout basé sur les aventures de la Black Lagoon, et va aborder le thème de la différence culturelle, faire une critique aiguë du monde du travail Japonais ainsi que l’apologie de la liberté de penser. Il demeure assez inégal dans l’ensemble avec de très bonnes idées (les phases de confrontation idéologique/physique entre Rock et Revy…), et d’autres nettement moins bien senties (des courses poursuites et des scènes d’action sans grand but parfois). Mais d’après les échos que j’ai eus, il semblerait que le scénario de l’animé soit amélioré comparé au manga, ce qui ne m’étonne pas vraiment tant j’ai eu l’impression que les auteurs de la série improvisaient au fur et à mesure (dites moi si je me trompe je n’ai jamais lu le manga…). Néanmoins, le sujet est très bien maîtrisé, voire amélioré, car on ne tombe pas dans le piège de l’action pure ni dans celui de la parlotte interminable, en réalité, l’équilibre est presque parfait, ce qui nous rappelle encore une fois le talent du réalisateur de Princesse Arete.

 

Ensuite, la structure de la série est une structure bâtarde entre le « one shot » et la série en « bloc », puisque ce sont des minis histoires qui sont ici présentées, durant chacune approximativement deux ou trois épisodes le temps de bien développer le propos et de résoudre chaque histoire. Je dois avouer trouver des qualités à ce format, mais le problème principal demeure le fond, puisque l’enchaînement de ces histoires ne fait pas avancer le canevas scénaristique de manière flagrante, ce qui est un peu dommage vu la qualité de traitement de la série.

 

Psychologiquement, l’évolution  des personnages est notable, et comme je l’ai marqué plus haut, ils ne sont pas là uniquement pour se battre telles des machines dénuées de conscience, et servent vraiment le scénario. Par contre, sur les quatre héros principaux, il est quand même dommage que seuls deux soient vraiment exploités à leur juste valeur -Revy la femme assoiffée de gunfights et de son style de vie de mercenaire, et Rock l’ancien salaryman encore hésitant et inexpérimenté mais déterminé (c’est celui qui évoluera le plus dans la série bien entendu)- car on aurait gagné à connaître un peu plus Dutch et Benny. Mais tout cela est contrebalancé par une très bonne gestion des personnages secondaires, qui sont bien faits et bien développés dans l’ensemble, et tout en étant chacun assez caractéristiques (sans toutefois sombrer dans le gros cliché, enfin pour la plupart).

 

On notera aussi qu’une certaine emphase a été mise sur le langage (ce qui est un comble dans un animé d’action !), du langage politicien aux jurons de charretier de Revy, il y a forcément des enseignements à tirer (voir les thèmes de la série plus haut) de toutes ces variations de langue, surtout quand les personnages sont censés parler en Anglais à la base, la série étant située dans une grande métropole du tiers monde (les protagonistes parlent en Japonais dans la série pour des raisons de compréhension du public). Le placement dans un pays du Sud n’est pas fortuit puisque c’est un prétexte à discuter des inégalités dans le monde, mais aussi à relativiser la vie de nos pays riches, et à légitimer en quelque sorte le mode de vie de ces mercenaires. Dans Black Lagoon, c’est clairement la survie qui l’emporte sur la vie.

 

Non, vraiment, Black Lagoon est une série d’action réussie (malgré son inégalité), belle, violente, avec de très bonnes séquences, originale et surtout emplie de sens et ménageant quelques scènes plus calmes et lyriques, ce qui n’est pas donné à toutes les séries du style ! On finit sur une conclusion ouverte qui laisse le champs libre pour une (attendue) seconde saison, ce qui n’est pas pour me déplaire, surtout que la bataille idéologique entre les guérillas du sud et la super-puissance Américaine semble avoir bel et bien commencé, et les héros étant enfin entrés dans le vif du sujet (et n’oublions pas la mafia/armée Russe qui apportera sûrement son point de vue Communiste au propos !). Bonne série donc et vivement la suite.

 

Notation : Très Bon

Publié dans Série En Cours

Commenter cet article

mauhiz 14/08/2006 00:15

Tout à fait d'accord avec cet article. Etant profane, ça m'a permis de comprendre pourquoi j'avais apprécié la série. Je regrette cependant les excès de James-Bond, et des personnages (je pense a Rock mais aussi à Rebby) trop surs d'eux, a en être presque désagréables.

Jacut 11/08/2006 00:15

Merci Matt j'avais pas tilté, c'est pas idiot du tout ce que tu me dis là ! En fait je vais changer tous les Levy en Revy, et merci pour la remarque :p

Matt 10/08/2006 23:50

Tiens, je voulais faire un article sur Black Lagoon ce soir-même ^^ Bon, sinon, effectivement, très bonne série, je suis d'accord sur tous les points (même si, j'avoue, j'ai un peu lu en diagonale histoire de ne pas m'influencer :/) et par contre Revy plutôt que Levy puisque Rebecca (donc Reby en fait ^^)

Kimurasenseii 10/08/2006 19:45

Bel article, je suis d'accord avec l'ensemble de ce qui a été écrit ici