Kemonozume

Publié le par Jacut

Série d’horreur, science-fiction de l’été 2006 – 13 Episodes

 

Cette nouvelle série sortie début août et prévue pour durer 13 épisodes, Kemonozume, est l’œuvre de Masaaki Yuasa, créateur indépendant de courts puis de longs métrages (Cat Soup, Dream Machine, Mind Game…) très marginal dans l’animation Japonaise. Etant produite par le studio Madhouse, on se dit cependant que l’animé a sûrement des qualités et que la moindre des choses est d’y jeter un coup d’œil.

 

Dans un monde sombre et violent cohabitent les êtres humains et les Shokujinki, une race de monstres ancienne dont les membres peuvent se métamorphoser en hommes. Deux de ces monstres à forme humaine débattent longuement sur l’appétit féroce, presque jouissif, qui les envahit lorsqu’ils dévorent les entrailles de leurs victimes, quand un groupe d’hommes armés et surentraînés ressemblants à des samouraïs prennent d’assaut le bar où ils discutent. Le plus dangereux des deux est rapidement déchiqueté par le commando tandis que le second réussit à s’enfuir sans que les hommes en noir ne le poursuivent. Lors de la séance de débriefing qui suit leur offensive, nous comprenons que les hommes en noir sont en fait des chasseurs de monstres, et appartiennent à l’ancestrale école des Kifuuken. Toshihiko, le héros de l’histoire, est le fils du chef de ce clan, et est opposé à son demi-frère Kazuma pour obtenir la succession de son père. Jusqu’au jour où le Destin met sur sa route une belle jeune femme dont il s’éprend, et dont il ne sait pas encore qu’elle est elle-même une Shoukujinki.

 

Le premier épisode part donc sur une introduction qui retrace l’histoire d’un couple de légende dans ce monde étrange qu’est celui de Kemonozume. On enchaîne ensuite sur un générique d’introduction psychédélique et incroyablement rétro, avec les couleurs flashy et tout ! L’animé est bien lancé est on a déjà perdu l’idée de voir une série classique. Kemonozume sera un OVNI ou ne sera pas.

 

Autant vous prévenir tout de suite, le style graphique est très spécial et n’a rien à voir avec de l’animation traditionnelle, on se rapproche plus d’un Windy Tales pour l’animation et les personnages (quoiqu’ils aient plus un trait Européen en réalité) avec des textures dignes de Gankutsu Ou, et des éclairages très symboliques s’adaptant aux sentiments des personnages, un style complètement surréaliste quoi, le but étant de choquer le spectateur. Et encore si le visuel était la seule chose qui allait nous choquer…

 

La bande originale, composée par Megumi Wakakusa, est rétro à souhait et ressemble à celles des années 70, avec une prédominance de vieux Jazz et de Blues. De la bonne musique, il n’y a aucun doute là-dessus, et alliée à l’ambiance déjà plus que typée du titre, on a affaire à une série vraiment différente de ce qui peut se fait habituellement au Japon…

 

Les personnages sont sans concession et très excentriques dans le sens où ils vont à la limite de leurs possibilités et sont totalement extrêmes (pas de jeunes adolescents aux problèmes existentiels ici !), que ce soient les monstres carnassiers ou les hommes qui les chassent. Le chef du Kifuuken et père de Kazuma et Toshihiko veut perpétuer la tradition de son école de chasseurs de monstres et faire hériter de son rang à son fils le plus brave et le plus respectueux de son art, Toshihiko, qui va lui-même tomber amoureux d’une Shokujinki malgré lui, tandis que son demi-frère veut se venger de sa condition de « bâtard » et moderniser le Kifuuken pour éradiquer tous les monstres de la surface de la Terre.

 

Comme vous l’avez d’ores et déjà compris, Kemonozume est VRAIMENT très particulier, c’est une exception dans l’animation à cause de son graphisme et de son ambiance, mais il est surtout à déconseiller aux âmes sensibles de par sa violence graphique extrême, ses scènes de sexe dès le premier épisode (rien de vulgaire néanmoins, tout est emmené par un scénario béton) et son propos résolument engagé. Ainsi, les monstres parlent de leur dernier dîner (de chair humaine bien évidemment) et de sexe de façon crue, avant de se faire occire dans les règles de l’art, avec force effets gore et on pressent déjà les boucheries sans nom qui vont avoir lieu un peu plus loin dans l’animé. On est au niveau d’un Texhnolyze, mais sans le côté réaliste.

 

Le réalisateur se permet même des effets étranges (au point d’étrangeté où l’on en est de toutes façons…) comme un « rembobinage » pour évoquer l’idée d’un flashback et autres effets du style tous plus bizarres les uns que les autres mais qui ne se démarquent pas du reste de la série. D’ailleurs, la mise en scène est très pointue, le timing millimétré et le rythme ménage de superbes scènes lyriques avec des morceaux d’action monumentaux et des dialogues très expressifs. La narration est tout juste énorme, on sent du talent et du travail chez ce Masaaki Yuasa, cela ne fait aucun doute.

 

Finalement, l’auteur a pris le parti de ne faire aucune concession, ni graphiquement, ni psychologiquement, et encore moins scénaristiquement, l’intégralité de ce Kemonozume est en conséquence une bombe de violence morale et esthétique, de puissance visuelle et de symbolique faisant s’opposer l’instinct animal à la réflexion humaine. Autre thème abordé dans ce premier épisode, la lutte entre le traditionalisme (la légende d’introduction ou le code de l’honneur des chasseurs de monstres tiré du Bushido) et la modernité (avec le mecha qui sera en mesure de lutter avec les monstres à armes égales, et le discours avant-gardiste de Kazuma). Sur le fond, on se croirait presque même dans une grande tragédie Grecque avec cette histoire d’amour qui s’annonce désespérée entre Yuka et Toshihiko.

 

En résumé, voici une série que je n’attendais pas, dont je n’avais même pas idée, mais qui m’a ravi au plus haut point malgré le graphisme que je n’apprécie que moyennement. Kemonozume est manifestement une série très marginale dans le paysage audiovisuel Japonais, d’une intensité rare, et qui prive le spectateur de ses repères en le plongeant dans un monde glauque et inconnu peuplé de personnages tous plus extrêmes les uns que les autres. Une série de science-fiction horrifique à grande ambition artistique en somme.

 

Notation : Excellent

Publié dans Premier Episode

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dissertation 03/10/2009 08:50


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dissertation


Spoil 20/08/2006 15:36

J'en veux aussi, garde bien au chaud le bébé car ta verve m'a convaincu.